Inflation temporaire?

Jun 30, 2021
  • EUR/USD 1.1900
  • DOW JONES 34’292.29
  • USD/CHF 0.9215
  • SMI 12’028.45
  • EUR/CHF 1.0965
  • BRUT WTI 73.40
  • USD/RUB 72.78
  • XAU/USD 1’759.00
La parité EUR/USD évolue dans une fourchette de fluctuation réduite à l’orée de la période...


La parité EUR/USD évolue dans une fourchette de fluctuation réduite à l’orée de la période estivale. Le niveau de 1.1900-1.2000 correspond au milieu du range de 1.1700-1.2300 que l’on connait depuis le début de cette année et semble refléter la juste valeur pour les marchés. Seul un changement de politique monétaire par une des deux banques centrales serait à même de sortir la parité de sa léthargie. Une telle éventualité demeure plus probable à Washington qu’à Francfort mais reste éloignée car encore une fois Jerome Powell a répété son message sur le caractère temporaire de l’inflation. M. Powell a de nouveau affirmé qu’il n’était pas inquiet par son accélération aux Etats-Unis et que celle-ci n’avait pas vocation à durer. Le Président de la FED a souligné que la banque centrale ne relèverait pas ses taux d’intérêt trop rapidement par seule crainte d’une inflation à venir. Avec un bond de 3,8 % sur base annuelle, l’inflation aux Etats-Unis, hors produits agricoles et énergie, a connu en mai sa plus forte progression depuis 2008. Néanmoins sur un mois, elle atteint 0,7 %, contre 0,9 % en avril marquant son premier ralentissement depuis le début de l’année et va dans le sens du discours de la banque centrale. La publication du Produit Intérieur Brut final pour le 1er trimestre, jeudi passé, confirme de son côté la solide reprise de l’économie avec une croissance de 6.4 %. La prochaine publication importante attendue sera celle des chiffres sur l’emploi vendredi pour la confirmation de la reprise du marché du travail aux Etats-Unis.


Au Royaume-Uni, La Banque d’Angleterre a laissé sa politique monétaire inchangée gardant son taux directeur à 0,1 % son plus bas niveau historique. Cette décision a été prise à l’unanimité des membres du conseil à l’exception du chef économiste Andrew Haldane. Pas de changement, non plus, sur son programme d’achats de titres de 895 milliards de livres. Comme la FED, elle prévoit que l’inflation risque d’accélérer temporairement bien au-dessus de sa cible de 2 %. Mais elle déclare continuer de surveiller le marché et ne modifiera sa politique lorsque les objectifs seront atteints et pas avant. M. Haldane avait évoqué précédemment une éventuelle réduction des rachats d’actifs d’environ 50 milliards de livres et un arrêt du programme plus tôt que prévu. Cette décision à l’unanimité des autres membres et contre son point de vue montre que M. Haldane est le seul faucon du conseil. Hors il quittera l’institution à la fin de ce mois. Le marché qui espérait une décision allant dans le sens du chef économiste a été déçu et la livre qui flirtait avec les 1.4000 contre le billet vert a perdu 150 points depuis la réunion de jeudi passé.


En Russie, la Gouverneure de la Banque Centrale Elvira Nabiulina a fait part de ses craintes face à la remontée bien plus importante qu’attendue de l’inflation lors d’une longue interview télévisée. Alors que le marché table sur un relèvement de 50 points, Elvira Nabiulina a déclaré que la Banque Centrale débattrait d’un relèvement pouvant aller de 0.25 % jusqu’à 1 % à l’occasion de sa réunion de politique monétaire du 23 juillet. Les hausses de taux, déjà 1.25 % cette année, la possible accélération de ces dernières ainsi que la hausse des prix du pétrole portent actuellement la devise russe qui évolue sur les plus hauts de l’année contre le dollar et l’Euro en ce mois de juin.


Le Mexique est un autre pays qui voit ses taux prendre l’ascenseur. Le peso a gagné près de 5 % face au dollar après le relèvement monétaire surprise de la banque centrale. Banxico a en effet relevé son taux directeur de 25 points de base à 4,25 %, alors que les économistes anticipaient un statu quo avec un communiqué laissant entrevoir un futur resserrement monétaire. L’institution a donc anticipé les attentes afin de contrer une inflation qui accélère et atteint 5,9 % en mai, un niveau bien supérieur à la l’objectif officiel de 3 %.


L’or souffre ces derniers jours d’une baisse des anticipations d’inflation consécutive au discours de la FED et du rebond du dollar. Comme pour la parité EUR/USD, les fluctuations devraient être restreintes dans l’immédiat, entre 1720 dollars et 1900 dollars l’once, au gré des mouvements du billet vert. Le marché s’attend à voir l’or évoluer de manière irrégulière ces prochains mois dans ce contexte de croissance dynamique, d’appétit pour le risque et d’incertitude sur la trajectoire de l’inflation aux États-Unis.


Alors que le Nasdaq a battu un nouveau record hier et à l’occasion de ce dernier jour du premier semestre, un tour d’horizon des places boursières permet de constater qu’elles affichent quasiment toutes une belle performance pour 2021. Ainsi aux Etats-Unis, le Dow Jones et le Nasdaq gagnent plus de 12 % alors que le S&P a progressé lui de 14.26 %.  En Europe, où la progression la plus faible est au Royaume-Uni avec 9.70 %, la France fait 18.3 %, Francfort 14.37 % et le SMI 12.38 % de hausse. En Asie, la progression est moindre puisque Tokyo gagne 4.91 %, Hong Kong 5.99 % et Shanghai 0.05 %. Mais toutes les principales places sont dans le vert ce matin.