Inflation et dollar continuent leur progression

Nov 17, 2021
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Il y a tout juste une semaine, les Etats-Unis publiaient le CPI (Consumer Price Index) pou...


Il y a tout juste une semaine, les Etats-Unis publiaient le CPI (Consumer Price Index) pour le mois d’octobre. Les chiffres de l’inflation ont dépassé les attentes en atteignant un niveau exceptionnel de 6.2 % en rythme annuel, soit le plus haut niveau des trente dernières années. La hausse des prix est globale, dans le sens qu’elle touche quasiment tous les biens et services. En première ligne, les secteurs de l’immobilier, de l’alimentation et des véhicules, neufs ou d’occasion. Le prix de l’énergie continue de croître : à titre d’illustration, l’essence a vu son tarif augmenter de 50 % depuis le début de l’année.


Dans la foulée de cette publication le billet vert s’est apprécié de presque 1% contre la monnaie unique, tout comme le rendement des obligations américaines de court terme. La poussée inflationniste rend davantage crédible le scénario de plusieurs hausses de taux en 2022. Pour autant les membres de la banque centrale continuent de prôner la retenue. Leur analyse est que la demande n’est pas devenue structurellement supérieure à l’offre. D’après eux, l’inflation découle de facteurs temporaires, à savoir les plans de relance pour accompagner la reprise économique et qui ont créé un pic temporaire de demande, et les difficultés d’approvisionnement. La FED reste donc prudente et ne veut pas paraitre trop hawkish : malgré l’inflation, un retrait trop rapide du soutien monétaire risquerait de freiner la reprise et de provoquer une stagflation (croissance faible, inflation forte). Ainsi, la FED n’a commencé que très récemment à réduire à petite dose ses rachats d’actifs. L’indicateur CPI a également eu un impact sur le plan politique, principalement à travers la composante énergie de la hausse des prix. Les pays membres de l’Opep ne semblant pas pressés d’augmenter l’offre d’hydrocarbures, des voix s’élèvent pour que le pays pioche dans ses réserves stratégiques. Aucune décision n’a été prise à ce stade, mais il semblerait que le simple fait d’en parler ait provoqué une légère détente des cours mondiaux.


Face à l’inflation et soutenu hier par de solides ventes de détail aux Etats-Unis, le dollar progresse donc fortement et surperforme les autres devises majeures. Le dollar index est à un plus haut de 16 mois (juillet 2020) et le dollar-yen à 115 affiche un plus haut depuis quatre ans. A noter qu’au Japon, PIB s’est contracté de 0.8% au troisième trimestre par rapport au précédent. Ce matin, un euro ne vaut plus que 1.13 USD alors que juste avant le CPI il approchait les 1.16.


Le franc suisse résiste un peu mieux mais baisse tout de même à 0.9313 contre 0.9130 une semaine auparavant. Si l’on regarde le cross euro / franc suisse, actuellement 1.0527, on s’aperçoit que la monnaie unique continue sa chute entamée depuis 1.0932 il y a pile deux mois. La résurgence de l’épidémie de COVID en Europe pèse sur la monnaie unique. De plus les perspectives de hausse de taux ne sont pas favorables quand on les compare aux autres devises. Le discours dovish de la présidente de la BCE fait le reste : bien que le marché anticipe une hausse de taux de 10 points de base en septembre 2022, Christine Lagarde déclare qu’il est très improbable que les conditions préalables à une hausse des taux soient réunies l’année prochaine.


La hausse du dollar ne porte en revanche pas préjudice au cours de l’or comme cela devrait être normalement le cas. Celui-ci voit son pouvoir d’attraction renforcé par le risque inflationniste, le réflexe du repli vers les valeurs refuges est toujours présent. Ainsi le métal jaune se traite actuellement à 1856 USD l’once, après avoir approché 1,880 hier.


Les prix du pétrole ont enfin entamé un repli cette semaine après la publication par l’OPEP jeudi dernier de prévisions faisant état d’une demande en hydrocarbures moins forte que prévue cette année. Cette baisse est due au ralentissement de la demande en Chine et en Inde au troisième trimestre. L’organisation a en revanche maintenu ses prévisions de demande pour 2022 à un niveau légèrement supérieur au niveau d’avant la pandémie. La potentielle utilisation des réserves stratégiques américaines peut également avoir joué un rôle dans la baisse récente. Le prix du gaz avait également connu une détente il y a une semaine après une annonce assez vague de la part de Gazprom de mettre en œuvre un plan d’injection de gaz dans des installations souterraines en Europe. Mais hier les prix du gaz sont repartis violemment à la hausse : le groupe russe a refusé pour le troisième mois consécutif d’augmenter les flux qui transitent par l’Ukraine et l’Allemagne a temporairement suspendu l’approbation du gazoduc Nord Stream 2 pour une question de souveraineté juridique.  Ce gazoduc en contournant l’Ukraine lui fera perdre d’importants revenus. En n’augmentant pas les volumes transitant par l’Ukraine, la Russie met la pression sur l’Europe pour faire aboutir le projet. Dans le même temps, le partenaire chinois voit lui ses flux augmenter.


Dans le reste de l’actualité, il y avait hier la rencontre virtuelle entre les présidents chinois et américains. Pour les images, le début de la conversation a semblé démontrer une volonté d’apaisement, mais le contenu des déclarations montre qu’aucune partie n’a cédé d’un pouce sur les principaux points de discorde. Joe Biden a critiqué des pratiques économiques et commerciales jugées déloyales, mis en garde sur le respect des droits humains tandis que Xi Jinping a déclaré qu’œuvrer à l’indépendance de Taiwan revenait à jouer avec le feu.  En Chine les derniers chiffres ont dépassé les attentes avec pour le mois d’octobre des ventes de détail en hausse de 4.9 % sur un an et une production industrielle un peu meilleure qu’attendu. Mais le sentiment reste négatif avec les tensions sur le secteur immobilier et le marché des capitaux. Aux Etats-Unis le plafond de la dette pourrait de nouveau être atteint le 15 décembre, le relèvement temporaire d’octobre venant à échéance. Une nouvelle fois, Joe Biden va devoir négocier serré avec l’opposition républicaine pour éviter un désastre.