Guerre et paix

Mar 30, 2022
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Cette semaine relativement calme s’est animée hier avec comme catalyseur les négociations ...


Cette semaine relativement calme s’est animée hier avec comme catalyseur les négociations entre russes et ukrainiens qui se sont déroulées en Turquie. Même si selon la délégation russe il reste beaucoup de chemin à parcourir avant de parvenir à un accord, l’espoir d’une détente a soufflé sur les marchés financiers. En effet, Moscou a affirmé vouloir réduire « radicalement » son activité militaire dans l’ouest de l’Ukraine. Les discussions ont progressé sur la question de la neutralité de l’Ukraine et de sa non-adhésion à l’Otan. En contrepartie Kiev a émis le souhait que cette neutralité soit garantie par des états tiers et qu’il lui soit permis d’intégrer l’union européenne. Les discussions n’ont pas abordé la situation des territoires séparatistes et de la Crimée qui devront être traités séparément.


Evidemment, rien n’est réglé et il reste à voir si ces déclarations seront suivies d’effets. Mais les marchés, à l’affut de bonnes nouvelles ont réagi immédiatement et fait monter l’euro-dollar au-dessus du seuil de 1.11. Les autres devises européennes telles que le zloti polonais, la couronne tchèque et le forint hongrois ont également bénéficié de cette phase de repli du risque. Le rouble a fortement progressé et franchi à la baisse la barre des 100 roubles pour un dollar. Il a retrouvé son niveau d’il y a un mois : un dollar vaut ce matin entre 85 et 90 roubles. Les spreads restent toujours élevés et la principale problématique pour traiter cette devise – outre une liquidité plus faible sur le marché – est le settlement en lui-même, soit la gestion du flux de devises entre les différentes contreparties bancaires. A court terme donc il semble que le rouble réagisse en ligne avec les devises de la communauté européenne au rythme des bonnes ou mauvaises nouvelles venant du front militaire. A moyen et long terme il faudra bien entendu davantage s’intéresser aux nouvelles économiques : impact des sanctions sur l‘économie russe, risque de défaut sur la dette souveraine, problématique des exportations de matières premières fossiles, etc…


Le cours du baril de pétrole a hier affiché une forte volatilité. Sur les nouvelles des négociations le baril de brut américain et celui de la mer du nord ont chacun perdu instantanément 8 dollar. Le WTI en a profité pour faire une brève incursion sous les 100 dollar le baril. Un autre facteur pèse sur les cours : la flambée de covid – version Omicron – en Chine qui contraint le gouvernement à confiner de grandes villes. Avec une innovation : la moitié de Shanghai est confinée pendant 4 jours puis à l’issue ces 4 jours l’autre moitié sera confinée à son tour. L’objectif est de tester toute la population et surtout d’éviter de bloquer la capitale économique du pays. L’or noir a toutefois rapidement trouvé du support et fini par retrouver ses niveaux initiaux autour de 106 et 112 USD.  L’OPEP se réunit demain et devrait s’en tenir à son plan d’augmentation progressive de l’offre (+400,000 barils par jour chaque mois). Les Emirats Arabes Unis ont cependant déclaré vouloir aller plus loin. Reste à savoir s’ils convaincront les autres participants.


Cette semaine le yen a accéléré sa baisse et atteint son plus bas niveau contre le billet vert depuis 2015. Il fallait alors 125 yen pour un dollar. Lundi, la banque du Japon a annoncé vouloir acheter sans limites des obligations d’état à 10 ans afin de contrer la hausse des taux à long terme. L’archipel est à contrecourant de la plupart des autres économies développées : face à la faiblesse de son inflation, le pays peut se permettre de maintenir une politique monétaire accommodante. Il en résulte une faiblesse de la monnaie nationale ce qui convient au gouvernement dans la mesure où celle-ci favorise les entreprises exportatrices.


Pour ceux qui en doutaient, et ils ne doivent pas être nombreux, la BNS intervient de nouveau sur le marché des changes. Le solde des avoirs à vue, qui s’élève à 731.5 milliards de francs, est en augmentation par rapport à la semaine dernière. Cela signifie que la banque centrale suisse cherche à contrer la force de sa monnaie. A note que la détente sur le dossier ukrainien fait baisser le CHF. Ce matin, le taux de change est de 1 EUR = 1.0314 CHF et 1 USD = 0.9278 CHF.


Un mot sur les rendements obligataires : ces derniers jours les taux souverains à deux ans français, belge et néerlandais sont repassés au-dessus de 0. Hier c’est le 2 ans allemand qui est redevenu positif pour la première fois depuis 2014. La courbe des taux continue à s’aplatir.   Aux Etats-Unis le rendement moyen des obligations d’état à 2 ans est même très brièvement repassé au-dessus du taux à 10 ans. Ce n’est que la troisième fois en 21 ans que se produit une telle inversion. La théorie économique considère qu’un tel phénomène est annonciateur d’une récession car le marché signale qu’il est moins confiant dans la croissance économique à long terme qu’à court terme. Ces prochains jours, il faudra surveillera les chiffres du PIB du quatrième trimestre et le rapport sur l’emploi américain vendredi.