Et maintenant la BNS !

May 25, 2022
  • EUR/USD   1.0690
  • DOW JONES   31’928.62
  • USD/CHF   0.9625
  • SMI     11’483.56
  • EUR/CHF   1.0290
  • WTI CRUDE OIL   110.85
  • USD/RUB   57.00
  • XAU/USD  1’857.00
Le marché des changes a vécu quelques journées animées cette dernière semaine. Ainsi la pa...


Le marché des changes a vécu quelques journées animées cette dernière semaine. Ainsi la parité EUR/CHF valait 1.0500 mercredi passé avant de chuter sous les 1.0250 jeudi. L’aversion aux risques est remontée avec la baisse des places boursières et les inquiétudes sur la croissance mondiale pour l’année prochaine. Mais surtout le franc qui s’était replié depuis le début du mois consécutivement aux perspectives de hausse de taux par la Banque Centrale Européenne a donc vu un violent retour de manivelle après les déclarations de Thomas Jordan puis d’Andrea Maechler. Dans le sillage de la BCE, la BNS devrait relever son taux directeur plus vite que prévu. Avec la Banque du Japon, la Banque Nationale était auparavant la seule des principales banques à ne pas envisager un tel changement de cap. Thomas Jordan a indiqué surveiller très attentivement l’évolution de l’inflation. Bien que celle-ci, à 2.5 %, soit nettement inférieur à celle de nos principaux voisins, elle demeure supérieure à l’objectif de 2 %. Pour Andrea Maechler, qui est membre de la direction générale de la BNS, la Banque n’hésitera pas à resserrer sa politique monétaire si l’inflation ne descend pas en dessous de 2 % à moyen terme et si les pressions inflationnistes évoluent différemment des prévisions. Un ton particulièrement Hawkish qui incite les analystes à opter pour un premier relèvement de 0.25 % à l’occasion de la réunion trimestrielle du 22 septembre et la sortie possible des taux négatifs fin 2022 début 2023. Cela marquerait la fin de sept années de taux négatifs pour notre pays. Des perspectives encouragées par les déclarations de Mme Lagarde en ce début de semaine. La Présidente de la BCE a déclaré que la première hausse des taux d’intérêt devrait être actée en juillet et l’ère des taux d’intérêt négatifs devraient être terminée d’ici la fin du troisième trimestre pour la zone euro.


Consécutivement, le billet vert a reculé contre les principales devises après avoir établi de nouveaux records annuels la semaine passée. Les relèvements de taux aux Etats-Unis étant déjà anticipé c’est donc vers les décisions de la Banque Centrale Européenne et de la BNS que le marché s’est tourné avec désormais l’espoir de voir le différentiel de taux entre les deux côtés de l’Atlantique se réduire. Un retour en force de l’Euro et du franc qui ont fait chuter le dollar de 1.0350 à 1.0700 contre la monnaie unique et de la parité à 0.9625 franc contre notre devise. Le procès-verbal de la dernière réunion du FOMC du 4 mai sera publié ce soir à vingt heures. Les marchés seront à l’affût de nouveaux indices sur l’ampleur du resserrement à venir de la politique monétaire dont l’évolution du dollar dépendra grandement. Les considérations du Comité seront à mettre en regard avec les dernières données économiques décevantes publiées aux USA. Ainsi entre autres déceptions, l’indice manufacturier de la région de Philadelphie est tombé en mai à son plus bas niveau depuis mai 2020.


Au Royaume-Uni, l’inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat des Britanniques, va fortement freiner la demande a estimé lundi Andrew Bailey le Gouverneur de la Banque d’Angleterre. Dans ses prévisions de début mai, la BOE s’attendait à ce que l’économie britannique se contracte au quatrième trimestre en raison de la hausse des prix de l’énergie. Le sondage effectué auprès des entreprises britanniques publié hier va dans ce sens. Ce dernier a connu une forte chute en mai à 51.8 points contre 58.2 en avril et 62.9 il y a une année. A ce niveau l’indice est tout juste au-dessus de la barre des 50 qui marque la séparation entre une économie en croissance ou en contraction.


La devise russe continue sa progression et a atteint son plus haut niveau depuis plus de cinq ans face au billet vert à 55.30 roubles pour un dollar et contre la monnaie unique à 56.85 roubles pour un euro. Environ la moitié des entreprises étrangères qui s’approvisionnent en gaz auprès de la société Gazprom ont ouvert un compte en roubles auprès de Gazprombank afin de pouvoir convertir leur devise et payer les achats. Ces conversions massives en roubles d’euros et de dollars supportent bien évidemment la monnaie russe malgré la situation actuelle. La Banque Centrale de Russie tiendra une réunion de politique monétaire extraordinaire demain. La prochaine réunion était agendée au 10 juin. Aux vues de la force du rouble, on peut s’attendre à ce que la CBR abaisse une nouvelle fois son taux de référence. Elle l’avait déjà fait le 29 avril lors de la dernière réunion le ramenant de 17 à 14 %.


La Banque Centrale d’Afrique du Sud a relevé son principal taux directeur de 50 points de base pour le porter à 4,75 %. La Banque essaye de maintenir l’inflation dans la zone cible de 3 à 6 % alors qu’elle a atteint 5.9 % en avril.