Discussions ardues

Jun 3, 2020
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Mercredi passé, Ursula Von Der Leyen a présenté le plan de relance de la Commission Europé...


Mercredi passé, Ursula Von Der Leyen a présenté le plan de relance de la Commission Européenne dans la foulée de celui proposé par Angela Merkel et Emmanuel Macron. L’annonce de ce plan de relance de 750 milliards d’euros porte la monnaie unique. Il sera alimenté par des emprunts à grande échelle effectués par l’Union Européenne. Deux tiers seront redistribués en subventions et un tiers sous forme de prêts. Pour en bénéficier, les Etats devront établir des plans nationaux précisant leurs besoins et les réformes prévues, qui devront être validés par la Commission et les autres pays. L’Italie pourraient recevoir ainsi plus de 172 milliards et l’Espagne 140 milliards. Mais les discussions seront ardues et le plan est loin d’être entériné, car il faut un vote à l’unanimité des 27. Les pays dit « frugaux » (Pays-Bas, Danemark, Autriche et Suède) sont hostiles à toute forme de mutualisation de la dette rendant les négociations difficiles.


Cette annonce de la Commission a aussi allégé la pression sur le franc suisse. L’Euro est repassé largement au-dessus de  1.0700, un niveau plus atteint depuis la mi-janvier et le début de la crise. Le président de la BNS, Thomas Jordan, a répété de nouveau que l’institution est prête à intervenir davantage pour contrer la valorisation du franc. Ceci même si on estime que la Banque Nationale Suisse a dépensé dans les 70 milliards de francs sur les marchés, en deux mois et demi, pour empêcher une trop forte valorisation du franc en défendant le cours de 1.0500.


De son côté, le dollar souffre en raison d’une hausse importante de cas de Covid-19 dans certains Etats américains, le fort ralentissement de l’activité économique et les tensions sociales de ces derniers jours.  Sur le plan économique, les chiffres reflètent les dommages causés par le Covid-19. Les commandes de biens durables ont chuté de 17,2 % en avril après une baisse de 16,6 % en mars. La 2ème estimation du PIB au 1er trimestre montre une baisse de 5 % contre 4,8 % précédemment. Les nouvelles demandes d’allocations chômage, même si le chiffre diminue, ont augmenté de plus de 2 millions et les ventes de logements en cours ont plongé de 21.8 %. Alors que le « livre beige » de la Fed, publié mercredi passé, montrait une image assez sombre de la situation. Les perspectives pour l’économie américaine sont très incertaines et les entreprises du pays sont pour la plupart pessimistes quant au rythme potentiel de la reprise. Les entreprises contactées par la Fed ont fait part de difficultés à faire revenir leurs salariés au travail, citant entre autres les inquiétudes liées à la santé. Les tensions interraciales dans le pays n’aident pas non plus à un retour de la sérénité. Les Etats-Unis ont connu sept nuits d’émeutes depuis la mort de George Floyd. Une semaine après l’homicide, à Minneapolis, de l’homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc, New York, Los Angeles et des dizaines d’autres villes américaines ont renforcé leurs mesures sécuritaires, décrétant ou rallongeant un couvre-feu nocturne pour vider les rues. Le centre de Manhattan a été le théâtre de pillages lundi soir, poussant le maire de la ville à renforcer la sécurité. De son côté, le Président Trump a menacé de déployer l’armée si les villes et les Etats ne faisaient pas cesser la violence.


La Banque Centrale d’Australie a annoncé hier laisser inchangé son taux d’intérêt directeur à 0.25 %, comme attendu par le marché. Le Gouverneur Philip Lowe s’est voulu rassurant en déclarant que selon lui l’ampleur du repli économique pourrait s’avérer moins important qu’attendu. Mais la vitesse de la reprise demeure incertaine et les effets de la pandémie se ressentiront encore longtemps a-t-il estimé.


Moody’s a annoncé avoir abaissé à Baa3 la note à long terme de l’Inde suite à une récession persistante et un endettement en croissance. Les perspectives restent négatives alors que le PIB devrait reculer pour la première fois depuis 40 ans. Une future dégradation du rating n’est par conséquent pas exclue.


Avec le nouveaux mois, les réunions de banques centrales vont se succéder. Les analystes attendent la réunion de la Banque Centrale Européenne ce jeudi pour voir si elle va accroître son programme de rachat d’actifs. De même de nouvelles projections économiques sur l’inflation et le PIB européen devraient être annoncées. La Banque du Canada tient sa réunion aujourd’hui. Il faudra attendre mercredi prochain pour la FED et le 18 pour la réunion trimestrielle de la BNS.