Des rendements obligataires en hausse

Jan 19, 2022
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L’indice des prix à la consommation (CPI) publié mercredi dernier par le département du tr...


L’indice des prix à la consommation (CPI) publié mercredi dernier par le département du travail américain met une nouvelle fois en évidence la période de forte inflation que nous traversons actuellement. Aux Etats-Unis les prix ont progressé de 7 % l’année dernière, la plus forte hausse depuis 1982. Parmi les composantes de l’inflation on retrouve en première position la hausse des prix de l’énergie (+29% au total, +50% pour l’essence). Dans un contexte de pénurie de composants électroniques, le prix des voitures neuves a augmenté de 12 % et celui des voitures d’occasion de 37%. Le prix des denrées alimentaires ne s’est pas autant envolé mais a tout de même augmenté de 6.3 % en un an. L’inflation est de moins en moins jugée transitoire tant elle persiste à des niveaux élevés malgré les déconfinements. La chaine d’approvisionnement mondiale connait toujours des goulets d’étranglement et le variant Omicron continue d’impacter la production à travers des pénuries de personnel. Joe Biden est dans une position inconfortable : d’un côté il voudrait ne pas être vu comme le président de la hausse des prix, de l’autre il continue de proposer des plans massifs d’investissement justement accusés de contribuer à l’inflation. Avec une inflation éloignée de son objectif de 2%, la FED veut « agir en conséquence » et se montre donc désormais largement hawkish. La situation est meilleure sur le plan de l’emploi. Certes, il existe toujours des tensions autour de la main d’œuvre disponible, une pression sur les salaires et les démissions restent à des niveaux élevés. Mais le taux de chômage de 3.9 % se rapproche du niveau pré-pandémie et du plein emploi. Enfin pour terminer sur les principaux indicateurs économiques outre-Atlantique, il est à noter que les ventes de détail ont déçu en décembre (-1.9%) après quatre mois de forte hausse. Ici encore on soupçonne Omicron, l’inflation et les difficultés logistiques. Le marché s’attend désormais à quatre hausse de taux cette année, et l’on spécule de savoir si la première prévue au mois de mars sera de 0.25% ou de 0.50%.


En conséquence, les rendements du Trésor sont en hausse sur toute la courbe : le 10 ans US à 1,87% vise la barre des 2%. Le 2 ans et le 30 ans prennent 7 points de base respectivement à 1,03% (record de plus de deux ans) et 2,18%. Le billet vert reprend la main contre l’euro, la parité EUR/USD retombe sous les 1.14 et se traite ce matin à 1,1335. Face à la hausse des rendements, les marchés actions sont sous pression (le NASDAQ 100 retombant hier à un plus bas de trois mois) et la volatilité est en hausse en ce début d’année.


En Europe, l’inflation a atteint 5% en rythme annuel mais le gouverneur de la banque de France continue de prévoir que celle-ci devrait repasser sous l’objectif des 2 % en fin d’année. Il affirme toutefois que ce pronostic n’est pas une « certitude aveugle ». La BCE partage cette analyse tout en se disant vigilante et prête à ajuster sa politique monétaire si besoin. Par conséquent et contrairement aux Etats-Unis, on ne parle pas pour le moment de hausse de taux à court terme dans la zone. Cela n’empêche pas les rendements d’obligations étatiques de progresser également. En particulier ce matin le Bund allemand à 10 ans est repassé en territoire positif en ayant pris plus de 30 points de base depuis début décembre. Toujours en Allemagne, l’indice de sentiment des investisseurs ZEW a fortement progressé avec l’espoir d’une décrue de l’épidémie d’ici l’été.


En Asie, la banque du Japon a conservé son taux directeur inchangé à -0.10 %, un niveau qui date de 2016. Elle a également abaissé sa prévision de croissance pour cette année mais augmenté celle du prochain exercice (2.8% pour 2021/2022 puis 3.8 % pour 2022/2023). L’inflation affecte très peu l’archipel avec des prix stables cette année et prévus en hausse de 1% en 2023. Cela s’explique principalement par la faiblesse de la consommation intérieure et la réticence des entreprises nippones à répercuter les hausses de prix au consommateur. La Chine a publié un PIB pour 2021 de 8.1 % mais avec un quatrième trimestre décevant (seulement +4% en rythme annuel). Les ventes de détail sont en hausse de 1.7% le mois dernier ce qui est l’augmentation la plus faible depuis l’été 2020. Face au risque de ralentissement, la banque centrale a abaissé de 10 points de base son taux directeur.


Le pétrole est la classe d’actifs qui progresse le plus en ce moment. L’or noir est porté par la demande asiatique et les tensions géopolitiques à la frontière ukrainienne et au moyen orient. Les rebelles Yemenites Houthi officieusement soutenus par l’Iran ont récemment mené une attaque par drones sur des installations pétrolières de ADNOC à Abu Dhabi (EAU). Le marché est déjà tendu avec une demande supérieure à l’offre. Le risque d’avoir des installations à l’arrêt à cause d’attaques ne rassure pas et la perspective d’élargissement de la guerre civile au Yemen ne joue pas en faveur du dossier iranien.