Dans l’attente de la FED …

May 4, 2022
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Le billet vert renverse tout sur son passage et maintient la pression sur la monnaie uniqu...


Le billet vert renverse tout sur son passage et maintient la pression sur la monnaie unique à quelques heures de la fin de la réunion de politique monétaire de la FED. Les attentes de relèvement de taux se font de plus en plus élevées. Après avoir anticipé une hausse d’un quart de point le marché est passé à un demi et maintenant certains s’attendent même à un relèvement de 75 points de base. Une hausse de 50 points, scénario le plus probable, serait une première depuis 2000 et porterait le taux directeur à une marge de fluctuation de 0,75 à 1 %. La Fed devrait également annoncer le début de la réduction de son bilan qui n’a cessé de croitre depuis la crise financière à mesure qu’elle activait ses plans de rachats d’actifs pour soutenir l’économie. Mais la FED comme la BCE se doit de jouer finement. D’un côté les prix à la consommation ont encore augmenté de 8,5 % sur base annuelle en mars. Et l’inflation ne montre aucun signe d’abattement. Ainsi l’indice des coûts du travail est en hausse au premier trimestre à un rythme supérieur aux prévisions et à un niveau record depuis qu’il existe fin 1996. De l’autre côté, le marché s’attendait à une croissance de l’économie de 1 % au premier trimestre de cette année mais l’activité a reculé de 1,4 %. Pour casser la spirale inflationniste, la FED devrait donc agir vite et fort mais elle ne doit pas casser non plus la croissance économique. Un point sur lequel tout le monde s’accorde c’est que la FED ne s’arrêtera pas à ce tour de vis d’aujourd’hui, d’autres suivront cette année. Le contrat futur sur le taux à 30 jours s’affiche à 2.75 % pour le mois de décembre. Autre annonciateur d’une politique monétaire plus restrictive, le rendement du bon du Trésor à 10 ans a atteint les 3 % au plus haut depuis la fin de 2018. Dès lors, si la contraction de ce début d’année est un avertissement, le risque de récession sera plus important l’an prochain lorsque la Fed aura relevé ses taux à plusieurs reprises, freinant ainsi l’activité. Signe que les marchés sont nerveux: les indices boursiers américains ont enregistré leur pire mois depuis le début de la pandémie.


Comme on l’a dit, la Banque Centrale Européenne est confrontée au même dilemme. L’inflation a atteint un nouveau record en avril, à 7,5 % sur un an, la guerre en Ukraine continuant d’exercer une pression haussière sur les prix de l’énergie entre autres. Et comme attendu, la croissance du PIB de la zone euro a reculé légèrement de 0,3 % à 0,2 % au premier trimestre. L’économie allemande a progressé de 0,2 %, la croissance française a stagné et l’italienne a reculé de -0,2 %. De plus l’indice du sentiment économique dans la zone euro a continué de se dégrader en avril. Isabel Schnabel, de la BCE, estime qu’il est nécessaire d’ajuster la politique monétaire au vu de l’inflation élevée. « Maintenant, il ne suffit plus de parler, nous devons agir. En l’état actuel des choses, je pense qu’une hausse des taux d’intérêt en juillet est possible » a-t-elle déclaré dans une interview au journal Handelsblatt.


La Banque Centrale d’Australie a surpris les marchés en remontant a remonté son taux de base de façon plus agressive que prévu soit de 0.10 % à 0.35 %. Le marché attendait un relèvement de 0,15 % il a donc été de 0.25%. Pendant longtemps, la Banque a donné l’impression qu’il n’y avait aucune pression pour procéder à un relèvement de son taux directeur. Le gouverneur, Philipe Lowe, estime désormais que le marché du travail est robuste et qu’il devrait s’améliorer encore à l’avenir tout comme la performance de l’économie, permettant ainsi un tel ajustement. La Banque n’a pas donné de plus amples indications quant au calendrier des futures hausses de taux mais le ton plus hawkish utilisé fait que les marchés s’attendent désormais à un ajustement à l’occasion de chaque réunion lors de cette année.


Le Yen japonais est en forte baisse contre le dollar après la décision de la Banque du Japon de continuer sa politique monétaire ultra accommodante. La BOJ va continuer à acheter un montant illimité d’obligations à 10 ans afin d’en garder le rendement en-dessous de 0.25 %.  Elle va ainsi à contre-courant des principales autres banques centrales qui relèvent leur taux ou prévoient de le faire. Les analystes ne s’attendent donc pas à une hausse des taux cette année ce qui devrait garder la devise japonaise sous pression. S’il fallait 115 Yen pour un dollar le 3 janvier, il en faut désormais 130. La question que se pose maintenant le marché est de savoir si la banque centrale va intervenir pour soutenir sa devise. Mais cela n’est pas vraiment dans ses habitudes. Il faut remonter 24 ans en arrière pour retrouver des interventions visant à soutenir le Yen. Il fallait alors quasiment 150 Yen pour un dollar. Et il y a 11 ans pour des interventions visant à l’affaiblir lorsque la devise japonaise valait 75.35 JPY pour un dollar le 30 décembre 2011.


L’or est une autre victime de la force du dollar et de la politique à venir de la FED. L’once reste sous les 1’900.00 USD alors que le marché redoute une hausse de taux encore plus importante que prévu de la part de la banque centrale. Un dollar fort et une hausse de la rémunération en dollar sont les deux principaux contradicteurs du métal jaune que même une inflation galopante n’arrive pas à compenser.