Banque Nationale Suisse : une politique sans surprise

Sep 30, 2020
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L’Euro demeure sur le bas de sa bande de fluctuation de 1.1600 – 1.2000 contre le dollar d...


L’Euro demeure sur le bas de sa bande de fluctuation de 1.1600 – 1.2000 contre le dollar dans laquelle il évolue depuis le 23 juillet. Le billet vert reste soutenu  par des commentaires encourageants provenant de la Fed et par une reprise de la pandémie de Covid-19 en Europe particulièrement en France et en Espagne. Le Président Jérôme Powell estime  que l’économie américaine avait été résiliente pendant la crise du coronavirus tandis que Charles Evans a affirmé qu’elle avait retrouvé  90 % de son niveau d’avant la pandémie. Il a aussi ajouté que la banque centrale pourrait relever ses taux d’intérêt directeurs avant que la cible des 2 % d’inflation ne soit atteinte. De son côté, la monnaie unique est sous pression notamment par les craintes concernant une nouvelle vague de coronavirus en Europe. L’Union Européenne a appelé ses états membres à durcir leurs mesures face aux nouveaux foyers d’épidémie. Pour sa part, Mme Lagarde a  déclaré que la reprise demeurait incertaine et inégale. Elle a réitéré ses propos concernant un Euro fort, son impact sur l’inflation et la reprise de l’économie. Le Gouverneur de la Banque d’Italie et membre du conseil de la BCE, Ignazio Visco, a quant à lui déclaré que la récente remontée de la monnaie unique était inquiétante car elle mettait la pression sur l’évolution des prix et pourrait amener la banque centrale à intervenir sur les marchés. La situation économique et sanitaire sur le vieux continent incite désormais les analystes à envisager une nouvelle  baisse du taux directeur par la BCE. Le marché n’est plus du tout convaincu que le niveau de -0.50 % est un plancher pour la banque centrale. Et une baisse supplémentaire même de 0.10 % ou moins pèse sur la monnaie unique car si cela se produit rien ne garantirait que cela serait la dernière.


Lors de sa réunion de politique monétaire trimestrielle la Banque Nationale Suisse a laissé comme attendu son taux de référence inchangé à -0.75 %. Elle a aussi réitéré sa volonté de maintenir une politique monétaire expansive  avec des taux négatifs pour contrer toutes pressions à la hausse sur le franc. Un franc qu’elle juge toujours « hautement évalué ». Elle a  par contre musclé son discours en parlant des interventions. L’institut se dit désormais prêt « à intervenir encore plus massivement sur le marché des changes » si cela s’avère nécessaire. Une phrase qui a particulièrement attiré l’attention des analystes alors que dernièrement des rumeurs laissaient entrevoir le placement, par l’administration américaine, de la Suisse sur la liste noire des états manipulant leur devise. Le Président Thomas Jordan a déclaré lors de la conférence de presse que l’institut allait communiquer de manière plus claire et plus fréquente sur ses interventions dans le marché des changes. Une décision qui répond selon lui « à un intérêt de plus en plus grand pour sa (BNS) stratégie de politique monétaire bien particulière ». Désormais le volume des interventions du trimestre sera publié à la fin de chaque trimestre suivant. Concrètement, aujourd’hui a été publié pour la première fois le montant que la BNS a dû utiliser pour contrer la hausse du franc. Et le montant des interventions est de 90 milliards de francs suisses sur les six premiers mois de 2020. Cependant la BNS n’ira pas jusqu’à imiter la FED et la BCE en publiant les minutes de ses réunions de politique monétaire. Des minutes dans lesquelles on découvre l’intensité des désaccords sur une décision ou la position de chacun des gouverneurs sur un sujet particulier. Thomas Jordan a justifié ce début d’ouverture par un récent rapport du FMI qui a publié un mode d’emploi de la transparence à l’intention des banques centrales.


La Banque Centrale de Turquie a surpris les marchés jeudi passé en relevant son taux directeur de 200 points pour la première fois depuis deux ans. Ce dernier passe ainsi de 8.25 % à 10.25 %. Le taux principal avait atteint 24 % en septembre 2018 lorsque la banque centrale l’avait remonté de 625 points de base pour enrayer la chute de la livre et combattre une inflation record. Il avait été ramené sous les 10 % suite à une série de baisse décidée par l’institut sous la pression du Président Erdogan qui ne cesse  de faire part de son opposition aux taux élevés. Devant l’effondrement de la livre qui bat record historique sur record historique à la baisse vis-à-vis du dollar  et contre l’avis du Président, la Banque Centrale mise sous pression par le marché n’a pas eu d’autres choix que de les remonter pour tenter de stabiliser sa devise.


La Banque de Norvège a gardé, comme attendu, son taux directeur inchangé à 0 %. Un niveau historiquement bas sur lequel il devrait demeurer « pendant un bon moment » selon les déclarations. L’institut a légèrement révisé ses prévisions pour cette année. La croissance du pays devrait reculer à –3.60 % contre -3.50 % précédemment. Les analystes tablent désormais sur un éventuel premier relèvement des taux à fin 2022 seulement.


Enfin la Banque Centrale du Mexique a abaissé ses taux d’intérêt pour la onzième fois consécutive pour le ramener à 4,25 % en baisse de 0,25 %.