75 est le nouveau 25

Sep 21, 2022
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Cette semaine de nombreuses banques centrales tiennent leurs réunions de politique monétai...

Cette semaine de nombreuses banques centrales tiennent leurs réunions de politique monétaire. Le 8 septembre dernier, la Banque centrale européenne a relevé ses taux de 75 points de base après une première hausse de 50 points en juillet. Ce soir (21 septembre), cela sera au tour de la réserve fédérale américaine d’annoncer un nouveau resserrement monétaire. Le consensus du marché prévoit une troisième hausse de trois quart de pourcents consécutive et certains analystes osent même envisager une hausse de 100 points de base. Demain, c’est la BNS (Banque Nationale Suisse) qui parlera et de nouveau le scénario le plus probable est une hausse de 0.75 %. Certes, l’inflation est plus faible dans notre pays (+3.5% sur un an le mois dernier) et nous sommes protégés par un franc fort. Mais en Suisse également on note une trajectoire de hausse des prix qu’il convient de contrôler, principalement dans sa dimension sous-jacente (inflation dite « core »). D’une certaine manière, la BNS se retrouve à devoir suivre le timing et les mouvements de ses homologues américaines et européennes afin de ne pas se retrouver distancée. Il serait en effet inconfortable de continuer à monter les taux alors que dans un an, les autres banques centrales pourraient commencer à envisager de les baisser.


C’est décidemment la semaine des banques centrales : demain, la banque d’Angleterre communiquera également sur une nouvelle hausse de taux. A l’origine, cette annonce devait avoir lieu la semaine dernière mais le décès de sa majesté la reine Elisabeth II a conduit au report de la réunion de politique monétaire. Le marché est partagé entre une hausse de 0.50% et une de 0.75 %. De nouveau, on peut dire que la banque d’Angleterre est « coincée » entre la FED et la BCE : afin de soutenir une livre sterling qui a touché un plus bas depuis 1985 contre le dollar et lutter contre une inflation galopante, il va falloir qu’elle suive le rythme. On le voit donc, les principales banques centrales opèrent des changements de taux d’intérêt plus conséquentes que par le passé ce qui laisse penser que « 75 is the new 25 ». L’exemple du Canada le montre, puisque sa banque nationale a monté les taux de +0.75% au début du mois. Hier, la suède est allée encore plus loin et a surpris le marché avec une hausse d’un pourcent entier.


D’un point de vue économique, la principale nouvelle de la semaine passée était la publication des chiffres de l’inflation aux Etats-Unis. Au global, celle-ci est en léger repli au mois d’août (+8.3% contre +8.5% en rythme annuel). Mais si l’on va dans le détail on se rend compte que cela est dû en grande partie à la baisse du prix des matières pétrolières. Les denrées alimentaires, elles, continuent de se renchérir. L’inflation dite « core » a touché un plus haut à +6.3% contre +5.9% le mois précédent. Bien entendu cela est de nature à renforcer la politique restrictive de la FED. On devrait s’en apercevoir aujourd’hui. L’inversion de la courbe des taux américains s’est encore accentuée. La théorie veut qu’un aplatissement suggère un ralentissement, qu’une inversion signale l’arrivée de la récession et qu’une pentification annonce à l’avance une future reprise de l’économie. Ce matin, on observe que le rendement des obligations de l’état américain à 10 ans progresse à 3.54% et celui à 2 ans s’établit à 3.95 %. Cela constitue un record de près de 15 ans. Les marchés actions particulièrement sensibles aux taux d’intérêts continuent de souffrir. Les indices US ont connu leur pire semaine depuis juin : le S&P 500 évolue de nouveau sous sa moyenne mobile des 50 jours et depuis le début de l’année le NASDAQ est en baisse de 27%, le Dow Jones de 15.5% et le SMI de 19 %


Du côté des devises c’est toujours le dollar qui règne en maitre. Le franc suisse est également fort : un franc vaut désormais plus qu’un euro. En revanche, on voit bien que le Yen ou l’or ne sont actuellement plus des valeurs refuges. L’once d’or a enfoncé un support à 1700 dollar et le yen est au plus bas depuis les années 90 : un dollar achète 143 yen. C’est 20% plus bas qu’en début d’année.


En Europe, la situation économique est morose et les perspectives peu réjouissantes. La production industrielle s’est fortement repliée au mois de Juillet (-2.3%). En Allemagne, l’indicateur du sentiment économique est au plus bas et la Bundesbank prévoit une baisse du PIB au quatrième trimestre 2022 et au premier trimestre 2023. Hier, la balance commerciale de la zone euro a enregistré un déficit pour la première fois depuis 10 ans. La facture énergétique et la guerre en Ukraine pèsent lourd. Ce matin, le président russe choisit de nouveau l’escalade et annonce une mobilisation militaire partielle de 300,000 réservistes afin de remplir les objectifs de son « opération militaire spéciale ». Cette annonce a immédiatement fait gagner 2 dollar au baril de pétrole et enfoncé un peu plus l’euro, bien ancré sous la parité avant l’annonce de la FED.